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La chane transfusionnelle

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Historique de la transfusion PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 29 Novembre 2010 20:08

HISTOIRES  et petites histoires de la TRANSFUSION SANGUINE

 

Liquide rouge, chaud et poisseux, le sang a depuis longtemps intrigué les hommes. Déjà en Egypte ancienne le sang est considéré comme un symbole même de vie, "c'est la rivière de la vie".  Il est aussi l'objet de beaucoup de croyances, mythes, légendes et superstitions. Nous n'aborderons ci-dessous que les étapes principales qui ont conduit les hommes en passant de l'empirisme au scientifique à proposer le sang et ses dérivés comme source de vie.

3 000 ans avant notre ère, les vertus thérapeutiques du sang furent suggérées et administrées par ingestion ou par applications externes.

Au 2ème millénaire avant notre ère, les anciens rois d'Egypte traitaient les malades atteints d'éléphantiasis (maladie dont les symptômes sont une augmentation du volume d'un membre ou d'une partie du corps causée par un œdème.) en les plongeant dans des bains de sang.

70 ans après le début de notre ère, Pline l'ancien, tribun romain, décrivait les spectateurs des combats se précipitant dans les arènes pour boire le sang des gladiateurs morts.

A la fin de Moyen-Âge, des expériences de xénotransfusion (transfusion de sang animal à un Homme) et de transfusion humaine sont conduites.

(photo de Psychiatrie.histoire.free)

En 1492, pour lui redonner vigueur, le pape Innocent VIII aurait bu ou on l'aurait transfusé du sang de 3 jeunes gens d'une dizaine d'années.

Ceux-ci saignés à blanc moururent, le pape succomba un peu plus tard; la notion de groupes sanguins ABO ne sera découverte que 4  siècles plus tard.

(Photo Innocent VIII sur Wikipedia)

En 1628, William Harvey, médecin du roi anglais Jacques 1er établit la théorie de la circulation du sang par les artères et retour par les veines.

(Photo William Harvey sur Wikip�dia)

Le sang sert à transporter quelque chose, mais on ne sait pas quoi.

En Juin 1667 eut lieu en France la première transfusion thérapeutique. Médecin personnel de Louis XIV, Jean Baptiste Denis fit transfuser un jeune homme de 16 ans.

Fébrile et saigné en vain une vingtaine de fois,  il reçut du sang d'agneau. L'état du malade se serait amélioré.

En 1668, ce même médecin traita un malade présentant des signes de folie furieuse par transfusion de sang de veau. Le malade mourut probablement d'hématurie à la 3ème transfusion. Sa veuve porta plainte. Mis hors de cause par le tribunal, celui-ci interdit toute transfusion sans l'accord des médecins de la faculté de Paris.

(Photo Jean Baptiste Denis sur Google)

Plus tard, le tribunal de Paris limita les transfusions à  la seule expérimentation animale.

En 1674, Van Leeuwenhoeck, naturaliste hollandais, mentionne avoir observé au microscope des globules rouges nageant dans un liquide clair.

En 1788, les mdecins démontrèrent qu'un chien affaibli par une hémorragie fut réanimé par une injection de sang. On sait alors que le sang transporte de l'oxygène indispensable à la vie.

En 1818, les transfusions de sang humain reprirent suite aux échecs de transfusion de sang animal. Affaiblies par des hémorragies lors d'accouchements difficiles, les femmes furent les premières bénéficiaires de cette évolution. Mais on ne connaissait pas encore la notion de groupes sanguins. James Blundel, obstétricien britannique, transfusse des accouchées, les écrits révèlent que sur 10 transfusées, 5 ont été sauvées. Il est le premier à avoir pratiqué la transfusion autologue sur animal puis sur être humain avec une réussite totale.

De 1820 à 1880 , les xénotransfusions reprirent partiellement mais se soldèrent la plupart du temps par des échecs : coagulation rapide du sang et propagation d'infections

(photo de Psychiatrie.histoire.free)

En 1901, Karl Landsteiner, chercheur viennois étudia cette notion de coagulation et trouva qu'en mélangeant méthodiquement des gouttes de sang de plusieurs personnes, le sang de certaines gouttes avait tendance  s'agglutiner et d'autres pas.

Il avait découvert ainsi la notion de groupes sanguins compatibles chez l'Homme : le système A,B O.

(Photo de Karl Landsteiner sur Wikip�dia)

En 1910, Georges Woolsey démontre que la transfusion peut être le vecteur de la transmission du paludisme.

Le 16 Octobre 1914, à l'hôpital de Biarritz eu lieu la première transfusion sanguine directe ( de bras à bras) de la 1èreguerre mondiale. Bien que la découverte de Landsteiner ne soit pas encore mise  en application, cette transfusion se révéla  une réussite et le caporal Henri Legrain  fut sauvé par un don de sang d'un volontaire convalescent à l'hôpital : Isidore Colas . Chance inouïe, leurs deux groupes sanguins devaient être compatibles.

En 1916, Albert Hustin, scientifique belge, découvrit que l'adjonction de citrate de soude dans le sang permettait de résoudre le problème de la coagulation sanguine.

Il réussit les premières transfusions de sang humain citraté.. Rous et Turner réalisèrent qu'en rajoutant du dextose et Loullt un peu d'acide citrique, le sang se conserve 30 à 40 jours, pour 4 jours auparavant. Désormais, il ne fut plus nécessaire de procéder à une transfusion bras à bras; il devint possible de transporter le sang et d'en faire des réserves.

(Photo du docteur albert Hustin sur Google)

En 1918, les transfusions se développèrent, mais cette fois en tenant compte de la découverte de Landsteiner sur les règles de compatibilité des différents groupes sanguins.

En 1930, Karl Landsteiner reçoit de prix Nobel de médecine pour sa découverte sur les groupes ABO.

En 1940, Karl Landsteiner et son compatriote Alexander Weiner identifient le facteur Rh ( Rhésus du nom du singe ayant servi à l'expérience ).

En 1940, Edwin Cohn, biochimiste américain,  décrit une technique permettant de fractionner le plasma et d'en extraire l'albumine qui stockée pouvait être transportée sur les champs de bataille.

En 1940- 1941, Charles Richard Drew, chirurgien et chercheur américain,  organisa la 1ère banque de sang en Grande Bretagne afin d'apporter du sang sur les champs d'opérations durant la Seconde Guerre mondiale.

En 1949, Arnault Tzanck créa le Centre National de Transfusion Sanguine, rue Cabanel ( 15e arrondissement de Paris). Il fut parmi les inspirateurs de la loi française du 21 Juillet 1952 réglementant les principes éthiques du don du sang.

En 1950, sous l'impulsion d'Arnault Tzanck, la Fédération Française pour le Don de Sang Bénévole (FFDSB) est crée. Elle milite pour la promotion des valeurs éthiques que sont le bénévolat, l'anonymat, volontariat et non profit.

En 1952, Walter et Murphy commencent à substituer le flacon de verre par la poche en plastique pour le stockage du sang. Ce moyen mettra plus de 20 ans à être généralisé.

La même année, une loi française précise que "le sang et ses dérivés ne sont pas des médicaments et ne constituent pas un bien du commerce". Cette loi régira l'organisation de la transfusion sanguine en France jusqu'en 1993.

En 1956,sont réalisés les premiers dépistages de la syphillis sur les dons de sang, sécurisant ainsi la transfusion.

En 1971, le professeur Jean Dausset, Prix Nobel de médecine en 1980 pour sa découverte du système HLA en 1958, décida d'aller étudier les groupes sanguins  des habitants de l'île de Pâques.

Il mis en évidence que les caractères du sang des hommes dépendent du lieu où ces hommes vivent et plus encore du lieu où leurs aïeux ont vécu. L'hématologie géographique était née.

(Photos de Jean Dauset sur Wikip�dia)

En 1971, des scientifiques canadiens mettent au point une méthode de séparation des plaquettes par aphérèse.

Cette même année, recherche du virus de l'hépatite B dans les dons de sang.

De 1985 � 1990, affaire du sang contaminé où 4400 personnes résidentes en France furent contaminées par le virus du  SIDA après administration de produits sanguins non fiables.

En 1986, détection des anti-corps anti-paludéens.

En 1988, mise en œuvre de la déleucocytation des dons de produits sanguins ( élimination des globules blancs du don par filtration afin de combattre les infections post-transfusionnelles).

En 1990, détection des anticorps anti-VHC (virus de l'hépatite C)

En 1993, le gouvernement français légifère pour garantir la sécurité des donneurs et des receveurs lors du don et de la transfusion . Le gouvernement encourage les dons afin d'éviter une pénurie de PSL (produits sanguins labiles).

En 1998, les prélèvements de sang, plasma et plaquettes subissent systématiquement la déleucocytation(filtration des PSL afin d'éliminer les globules blancs)

1er Janvier 2000, cr'ation de l'Etablissement Français du Sang, sous tutelle du ministère de la Santé.

Juillet 2001, un dépistage systématique du virus du SIDA et de l'hépatite C est pratiqué sur chaque don. Cette technique génomique permet d'identifier une éventuelle contamination du donneur avant sa séroconversion.

En 2003, recherche du virus de l'hépatite C dans les dons, arrêt du dosage des ALAT (transaminases).

En 2005, virus de l'hépatite B, dépistage du génome viral unitaire du VHB dans les DOM

En 2006 - 2007, recherche du parasite de la maladie de Chagas dans les dons des donneurs ayant séjournés dans des zones endémiques.

En 2008, dosage de l'hémoglobine préventivement pour les primo donneurs et en cas de fatique.

En 2009 ( le 19 Avril), l'âge limite du don de sang passe de 65 ans à 70 ans.

En 2012 (le 1er Mars), arrêt de la viro-atténuation par bleu de méthylène pour cause de réactions allergiques.

En 2016 ( le 10 Juillet), les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes peuvent donneur leur produits sanguins sous certaines conditions.

En 2018, les dons de plaquettes sont viro-atténués.

Rene Trémoulet

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